Passages hasardeux

Passages hasardeux
Je ressens mils chardons s'ancrer profondément dans le chaste pétale qu'est ma peau blanche. Telle une rose qui éclot la nuit, j'ai froid, j'ai peur. J'ai tout osé, j'ai recherché toute la bravoure qui pouvait se trouver dans mon c½ur si seul. Seul mais aussi si semblables à des milliers d'autres tous pareils, aux formes parfois dodues, louches ou simplement pittoresques... mais tous des petits c½urs comme le miens ; avec les mêmes joies et les même peurs. Les mêmes limites. Ainsi, je tente une percée, à croire que je serais différent. Je me pointe à la lune. Au garde à vous, je la préviens. Je suis plus fort, plus grand. Je lui survivrai.

En un instant, une fleur s'élève, et s'expose à la nuit. N'y trouve qu'une vie, et en meurt.
Bien que puéril, que bien tragique, si sa mémoire est oubliée, au moins un temps passé, il se sera élevé, pas bien haut, mais tout seul.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 02 mars 2007 20:50

Modifié le vendredi 09 mars 2007 02:01

Automatique 28 fev

Automatique 28 fev
Derrière les ruisseaux qui serpentent sous les bois tout en ruisselant leur mécontentement. Leurs eaux toujours troubles, déplacent petit à petit le même mince filament d'H²O. Mais ne craignez pas, ils sont forts. Aurez-vous beau heurter leurs lits, détourner leurs routine, massacrer ces paysages enchanteurs qui étaient les leurs... peu importe ce que vous aurez beau leur faire, petit-à-petit, ils viendront à bout des sept mers et du même coup de vos stupidités éphémères.

Je n'aurais jamais pensé voir la mort de si proche. Pas celle qui nous projette 6 pieds sous terre, mais celle qui nous ronge l'âme, les trippes, les yeux, la langue et la chair. Celle-là que l'on côtoie tous, sans la voir. Celle là qui grandit en nous, comment l'enfant que l'on n'aurait pas du avoir... comment usons nous de notre pouvoir... ?

Rouge et bleu. Noir et vert. Les couleurs comme les chiffres s'entrechoquent. La mélodie est douce. Seulement, pas tous ne l'entendent. Beaucoup n'y voient que du rouge et du noir. De lourds sons graves accompagnent des lignes stridentes... D'autres toutefois, préfèrent ne pas écouter et n'y voient que ce qui les tente. Les oreilles bouchées, ils s'entêtent pitoyablement à regarder les fleurs blanches éclore à la splendeur matinale, et ne remarquent pas les racines que durement ils entaillent. L'arboresque demeure beau et fort, mais de l'intérieur il crie en ressentant leurs torts. Mais moi... non par choix, mais par peine... je suis aveugle mais j'entends tout. Les cris, les heurs, les bris, les pleurs. La joie qui n'évoque rien. Les rires qui n'y voient que du noir et les rêves qui n'ont plus d'espoir. Du moins je pourrais bien vous dire, dans toutes les langues qu'il vous plaira d'entendre et avec tous les moyens qu'il me faudra prendre, en un seul mot, je vous dirais : Silence !
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 02 mars 2007 20:25

18 février 07, 20.30, l'air est sec.

18 février 07, 20.30, l'air est sec.
Lorsque mord et vie auront trouvé le sens de leur éloignement.



Sifflement étranglé, bouche asséchée,
C½urs et poumons harnachés.
La tâche est lourde.
Les roues vacillent, manquent de lâcher
Qu'est-ce que le sens de cette inintermitante chevauchée?
Je cherche encore.
Mon esprit fait mils allés-et-retours.
D'un univers à l'autre,
Cherchant tantôt l'oubli, tantôt l'exil
Et tantôt une mince réponse.

Ne serait-ce que la brève poudrée
D'un fusain grattelant la surface
Armée de son néant.

Un son me guette.
Anticipe mon approche.
Sera-t-il larmes, cris,
Ou rires?

Telle une lumière étiolée qui
Ne sait se trouver elle-même.
Je fuis en m'approchant.
J'ai peur du noir.
La couleur m'insulte
Alors j'exulte.

Je croule tranquillement.
Doucereusement sous un ciel étoilé.
Je fonds comme on le dit.
Me répétant sans cesse et
Sans vergogne
Les mêmes rimes grotesques
D'une histoire dépassée.
Je me perds encore dans le Nous
Sous la tutelle du Tu.

Si je sonne de ce cor, ce n'est point pour quérir aide
Mais pour ressentir
Le vrombissement toujours présent
De mon c½ur délavé
A savoir
Lorsqu'il ne me restera plus que mon foie meurtri
Et cracherai ma bile aux passants
Qui défèqueront sur les restes d'un passé flétri

Une fleur s'élève
Et s'expose à la nuit.
N'y trouve qu'une vie
Et en meurt.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 02 mars 2007 20:14

Modifié le mercredi 21 mars 2007 08:41

Règne de pleurs

Règne de pleurs
Non pas de mauvaise fortune,
Mais de bonnes familles sécures
Que se terrent en médiocrité
Les plus dures des bassesses
Quémandant paradis désirés
Toutefois vivant rue des abbesses.

Bien que charmantes et atisantes
Aiguisées de leurs agaces
Elles se dévoilent plus que voraces...

Mais là plus d'une audace, de rouler dans la crasse
Ces pauvres bêtes défaites, c½urs crucifiés
De regrets, leurs maladresse
Puisque traiter avec diablesse
Poison et perversion sont rentes de gentillesse

Ces chastes dames, de leurs mensonges sucrés
Prennent place en leur trône de pleurs
Sans cesse en ampleur
Elles courent les vices et s'enorgueillent de mépris
Car bien plus que gagner les c½urs
Elles triomphent des pleurs.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 02 mars 2007 20:13

Point

Point
Une main fanée s'exécute machinalement sur le plat d'un végétal nivelé
L'on constate les nerfs qui se contractent une ultime fraction temporelle
L'extrémité du membre propre à la primauté du primate
Écrasée par cette branche de plomb qui ne pèse qu'une plume
Pousse désespérément le dernier branchôt d'une vie étoilée
Cette parcelle de nature laisse place à l'histoire
Mais celle-ci tourne à sa fin
Clôture au demeuré étonnante, toutefois non-tragique
Et agréablement nullement affligée de nostalgie
Puisqu'ainsi une roue tourne
Les engrenages s'engrènent
Huilés de l'encre qui coule à flot
Jusqu'à son épuisement

De par cette péroraison du récit de bien à mal écrit
Se soulève un changement
Une joie particulièrement vivotante
Un point, tout ce qui a de plus simple
Donne à l'½uvre autant complexe que modeste
Le repère de l'aboutissement, simultanément au délivrement
Telle la cerise sur son sundae
Ou la dernière goutte à son café
Le point est d'une finalité
Qui n'est que pure nécessité

La main qui s'efforce d'imprégner de noir le blanc pétale bleuement strié
Découvre son but, et l'en tache
Son mentor s'en décontracte
La fait vibrer d'une expiration d'une ½uvre nouvellement conjuguée
Tout n'est que libération et amour de terminaison

Goutte noire, touche bleue ou autre
Au choix de l'innovateur
Déjà sent la brise extérieure
Vent montant plaine
Soleil irradiant peines
Cris de joies, sauts dans l'herbe
Point évoque toute une nouvelle histoire
Un recommencement
C'est la vie qui franchit le porche pour en trouver un autre




Si terminal est ce point
Qu'il n'est qu'envol de l'esprit et souffle du vent
Quelle grande joie, quelle sérénité monacale
Que de voir au bout du tunnel
Un ouvrage soigneusement fignolé
Et d'y inscrire une dernière marque
Officialisation de son avènement
Ultime note d'une épopée maçonnée
Poindre ce point qui ne pointe point ses poings qu'à la pointille du pointu de la pyramide assemblée
Le point n'est que finale finalité
Point final

.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 02 mars 2007 19:53