Derrière les ruisseaux qui serpentent sous les bois tout en ruisselant leur mécontentement. Leurs eaux toujours troubles, déplacent petit à petit le même mince filament d'H²O. Mais ne craignez pas, ils sont forts. Aurez-vous beau heurter leurs lits, détourner leurs routine, massacrer ces paysages enchanteurs qui étaient les leurs... peu importe ce que vous aurez beau leur faire, petit-à-petit, ils viendront à bout des sept mers et du même coup de vos stupidités éphémères.
Je n'aurais jamais pensé voir la mort de si proche. Pas celle qui nous projette 6 pieds sous terre, mais celle qui nous ronge l'âme, les trippes, les yeux, la langue et la chair. Celle-là que l'on côtoie tous, sans la voir. Celle là qui grandit en nous, comment l'enfant que l'on n'aurait pas du avoir... comment usons nous de notre pouvoir... ?
Rouge et bleu. Noir et vert. Les couleurs comme les chiffres s'entrechoquent. La mélodie est douce. Seulement, pas tous ne l'entendent. Beaucoup n'y voient que du rouge et du noir. De lourds sons graves accompagnent des lignes stridentes... D'autres toutefois, préfèrent ne pas écouter et n'y voient que ce qui les tente. Les oreilles bouchées, ils s'entêtent pitoyablement à regarder les fleurs blanches éclore à la splendeur matinale, et ne remarquent pas les racines que durement ils entaillent. L'arboresque demeure beau et fort, mais de l'intérieur il crie en ressentant leurs torts. Mais moi... non par choix, mais par peine... je suis aveugle mais j'entends tout. Les cris, les heurs, les bris, les pleurs. La joie qui n'évoque rien. Les rires qui n'y voient que du noir et les rêves qui n'ont plus d'espoir. Du moins je pourrais bien vous dire, dans toutes les langues qu'il vous plaira d'entendre et avec tous les moyens qu'il me faudra prendre, en un seul mot, je vous dirais : Silence !